| Jumelage
2007
Nous étions
249, dont 135 petits cos,
soit 28 % des 481 camarades qui sont encore en contact avec
nous.
Programme
: le matin accueil, premier contact avec les jeunes et constitution
des groupes personnalisés (parrain 50 ans, parrain
25 ans, sous-lieutenants : 1, 2 ou 3). Déjeuner en
commun. Amphi avec exposés divers et pas très
percutants. Cérémonies religieuses. Cérémonie
de jumelage cour de Rivoli, présidée par d'ALANçON
avec comme invité d'honneur le général
commandant les Ecoles. Enfin, dîner en commun.
le
binômage
Le principe était que chacun de nous ait au moins un
binôme à 25 ans et un binôme jeune, indifféremment
de l’ESM ou de l’EMIA. Les promotions de jeunes
avaient mission de faire la répartition, de manière
aléatoire, sauf pour ceux qui avaient exprimé
un souhait particulier.


mises
en place avant l'allocution



Allocution
de notre président Alain d'ALANçON le 31 mars
2007 à COËTQUIDAN

Mon
Général,
Chers Anciens de la promotion Général Mangin,
Chers filleuls des promotions Général Lasalle
et Capitaine Cozette,
Chers jeunes filleuls des promotions Lieutenant Brunbrouck
et Colonel Delcourt,
Chers élèves de la promotion Lt Colonel Lantenois,
dont votre école, l’Ecole Militaire du Corps
Technique et Administratif fête demain son 30° anniversaire,
Chers petits cos de nos promotions Lieutenant Colonel Amilakvari
et Maréchal Franchet d’Esperey,
Mesdames et Messieurs les cadres des Ecoles de Coëtquidan,
Mesdames et Messieurs,
Chers amis,
J’ai reçu mission d’exprimer devant vous
tous, au nom des promotions 54/56 la joie d’être
ensemble ici ce soir dans le cadre de notre Ecole des officiers
de l’Armée Française… Ce rassemblement
de trois générations témoigne de la force
de la tradition de Saint Cyr, qui s’appelle fidélité
dans le dévouement, le service et l’attachement
à notre patrie, la France.
Ce capital est inestimable. Regardons-le.
Nous saluons d’abord avec un profond respect les grands
anciens de la promotion Général Mangin 1929-1931.
14 sont encore en vie Une bonne partie de l’histoire
militaire de la France au XX°siècle est jalonnée
par les morts de la Mangin – Combats de 1940, guerre
fratricide du Levant en 1941, campagnes d’Italie et
de France en 1944-45, Résistance, Indochine et Algérie.
Puis nous sommes très heureux de saluer nos filleuls
des promotions Lasalle et Cozette. Je rappelle que nous étions
déjà ensemble à l’occasion de votre
baptême le 29 novembre 1980. Forts de notre expérience
de 25 années de carrière militaire, je m’étais
permis de vous rappeler quelques-unes des valeurs essentielles
de notre état
- La foi dans notre métier
- La force d’une mentalité de vainqueur
- Le goût pour une autorité fondée sur
le respect et l’exemple
Nous savons que ces valeurs sont toujours les vôtres
dans une armée qui n’a cessée d’évoluer
et nous vous rendons hommage aujourd’hui.
Nous
vous saluons enfin chers jeunes filleuls des promotions Lieutenant
Brunbrouck et colonel Delcourt. Vous êtes l’avenir.
50 ans de vie nous séparent. Aussi notre message, celui
que nous pouvons vous livrer, est de vous conter une page
de l’histoire de saint Cyr, celle de nos promotions
54-56, Lt.Colonel Amilakvari et Maréchal Franchet d’Espérey.
C’est
un troupeau hétéroclite qui entre ici, à
l’îlot T, venant de lycées ou de régiments.
Dès l’arrivée c’est : pas de gymnastique,
musette en bandoulière, et brodequins à clous
aux pieds !... Mais, nous avons en commun l’enthousiasme.
En effet, nous sommes tous très motivés. La
guerre d’Indochine se termine dramatiquement et l’Algérie
s’agite de plus en plus, laissant augurer un conflit
prochain.
Le cadre austère de l’Ecole, les exigences de
la discipline formelle, des conditions de vie précaires,
le sévère apprentissage du combat à pied,
le bahutage nocturne de nos anciens, nos propres dégagements,
notre sens de l’humour, nous soudent progressivement
dans la nécessité de tenir bon.
Nos
bataillons d’élèves formés de lycéens
pour les numéros 1 et 3 et de sous-officiers pour le
numéro 2 ont le sentiment d’appartenir à
une seule Ecole, l’ESMIA. L’amalgame, inspiré
et appliqué par le Maréchal de Lattre pour fondre
dans un creuset unique les futurs officiers de France n’est
pas un vain mot. Nos bataillons portant le même grand
U, les mêmes noms, revendiquent pour tous l’état
de Saints Cyriens.
Nos
instructeurs arrivent d’Indochine où beaucoup
se sont particulièrement distingués, comme dans
nos rangs quelques camarades anciens sous-officiers. Leur
rôle est de faire de nous des chefs de section de combat,
prêts à servir à la sortie d’Ecole.
Aussi
l’enseignement est-il avant tout pratique et physique,
la piste du risque, le tir au PM, au lance-grenades et au
mortier l’emportent sur la pompe.
Le
résultat est là et nous avons le sentiment d’être
effectivement prêts, lorsque après un court et
symbolique passage en Ecole d’Application, nous sommes
envoyés en Algérie pour encadrer les unités
nées du rappel des contingents. Nous rencontrons là,
une jeunesse française qui accepte avec courage et
conscience de servir jusqu’à 27 ou 30 mois, loin
de leurs familles, dans le danger, avec des conditions de
vie souvent sommaires et dans l’ambiguïté
de cette guerre aux objectifs politiques changeants.
Petit clin d’oeil à l’histoire de Saint
Cyr, nous embarquons à Marseille le 2S 1956.
La
guerre d’Algérie de 1956 à 1962 fut vraiment
la grande aventure de notre promotion et chacun d’entre
nous en a été marqué dans sa personne
ou dans sa carrière.
En ce jour exceptionnel, tous ensemble, nous saluons :
- Nos 60 camarades morts pour la France,
- Nos 7 camarades morts en service commandé,
- Nos nombreux blessés.
Là, nous avons été confrontés
très tôt à des situations difficiles :
Les réponses furent souvent héroïques !
Par la suite, les réponses ne furent pas toujours faciles
non plus, dans les responsabilités diverses que les
uns et les autres ont assumées.
- qu’ils aient accédé à de hauts
postes militaires où leurs qualités ont été
reconnues, ou rempli des missions moins visibles,
- qu’ils aient quitté prématurément
et dramatiquement l’uniforme de leur plein gré
ou non, pour répondre à leur notion de l’honneur,
- qu’ils aient fait une carrière civile, souvent
brillante, gardant au cœur leur idéal de Saint
Cyrien,
Tous ont servi, durant des décennies, dans la conscience
du devoir accompli.
Bref, notre vie a été marquée par les
valeurs d’abnégation, d’honneur, de fidélité,
de solidarité entre nous, solidarité aussi avec
les épouses de nos camarades disparus. Notre présence
en nombre associée avec celles qui ont partagé
nos joies et nos épreuves en est, aujourd’hui,
le témoignage.
Voilà
notre histoire. Que peut-elle vous dire ?
A vous, dont les conditions d’exercice du métier
ont profondément changé - à vous, qui
êtes dans une armée de métier - à
vous, qui vivez dans un monde aux menaces multiples - à
vous, dont l’horizon s’élargit de plus
en plus – à vous, qui devez maîtriser des
techniques très élaborées – à
vous enfin, qui voulez donner à votre vie son sens
le plus élevé et le plus noble,
Eh bien, je dirai ceci : l’Armée, au cours de
son histoire, a su faire face aux défis les plus exigeants,
parce qu’elle a trouvé, en son sein, les hommes
qu’il fallait, les hommes qu’elle a elle-même
préparés pour les temps difficiles. Ces hommes,
ces femmes d’origines diverses, ont été
réunis et forgés dans un même creuset
pour SERVIR.
C’est ici, qu’est le creuset. C’est dans
ces Ecoles où vous êtes, jeunes Saint Cyriens,
et vous, élèves de l’EMIA et de l’EMCTA
que se manifeste la volonté de la France de continuer
à assumer son destin et son identité. Ces Ecoles
sont un reflet de l’âme de la France. Elles doivent
être aussi un reflet de l’unité profonde
et indispensable du corps des Officiers. L’amitié
qui nous unit depuis notre sortie de COËTQUIDAN est le
symbole vivant de cette unité que nous voulons vous
transmettre. Oui, tous ensemble, chacun là où
nous sommes, travaillons pour cette unité.
Pour
terminer, voici notre vœu le plus cher : que cette journée
de parrainage soit une nouvelle étape vers la cohésion
de nos promotions. Malgré les différences de
générations, nous avons à nous enrichir
mutuellement. Nos bulletins et nos sites de promotion vous
sont ouverts. Ne vous coupez pas de vos anciens, vous êtes
notre joie, notre jeunesse. Nous souhaitons vous transmettre
aussi notre enthousiasme. Continuez à le nourrir du
vôtre ! C’est ainsi que l’esprit de vos
Ecoles sera, avec vous, toujours le même, et toujours
renouvelé.
musée
du souvenir

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