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                                 Les poètes

Pour les poètes, nous donnerons les références aux bulletins dans lesquels les poèmes ont été présentés et éventuellement les plaquettes publiées.

Michel ALIBERT
(bulletin 49)

Pierre BALLAUD
(bulletins 50, 51 et 53)

André BRULÉ
(bulletins 52,54 et 55)

Jean-François SARDET
(bulletin 50)

et voici le plus récent chef d'oeuvre.

Avertissement au lecteur : Rions de tout, mais pas avec n’importe qui.
Scrogneugneux, gardez-vous de lire ce qui suit.

A la manière de…



Ce siècle avait trois ans… et de COETQUIDAN
Pointaient à l’horizon, de grands "refondements".
C’était l'après-midi d’un samedi d’automne,
Pour rompre un passe-temps languide et monotone (1)
Je fis une visite respectueuse et cordiale
A ce haut lieu sacré qu’est encor’ la Spéciale.
A BELLEVUE : barrière. Rien que de très courant,
On n’entre pas ici comme on entra aux champs.(2)
Pourtant -je crois rêver- un Pékin, fort amène,
M'assure qu’il fait, seul, le planton de semaine,
Et me laisse passer, ainsi que mon carrosse.
Pour m’orienter, je vise au loin la Grande Bosse
Puis, à pied, je rejoins l’îlot T au plus vite,
Autant que l’autorisent mes droits à l’arthrite !
Troisième Bataillon, Bazars très bahutés,
Ô ! Combien d’idéaux y ont été forgés.
Passants bleus, guêtres US, gradailles sur le dos,
Nous n'avions qu’une idée : en découdre au plus tôt.
Combien de petits cos partis vers d’autres cieux,
A jamais disparus, hantent encor ces lieux….

Trêve de nostalgie ! Traversant RIVOLI,
Musée du Souvenir… ainsi donc, m’y voici.
Mais quoi ? La Place d’Armes est d’un vide absolu !
Par l’Empereur ! Que sont nos Cyrards devenus ?
Casoars et gants blancs ? Relève de la Garde ?
(Au motif d’assouplir, c’est ainsi que l’on brade )
Halte là ! Qui vive, avance au ralliement !
Ce n’étaient que des mots ? Rayés du règlement ?

Dans le temple sacré, je pénètre et m’informe :
"Qui porte encor ici notre Grand Uniforme ?"
"Vous cherchez un Cyrard ? Il est au fond à gauche."
Et de fait, rassuré, je le vois, je m’approche,
Puis, lui tendant la main, lui donne une bourrade,
Ainsi qu’il est d’usage entre preux camarades.
Mais voilà qu'il vacille et s’effondre ! Coquins !
Vous auriez pu le dire : c’était un mannequin !


Défait, puis révolté, je convoque le ciel
Et ce brave KLEBER, tout au fond du MARCHFELD,
Tenant entre ses jambes son grand destrier
Et fièrement dressé sur ses deux étriers
" Ô ! Grand KLEBER dis-moi, ce sont denrées si rares
Que casoars, shakos et, dessous, des Cyrards ?
Mânes de mes aïeux, les traditions se perdent !
Ou, comme eût dit CAMBRONNE, sommes-nous dans la…" (3)

KLEBER, à mes questions, eut un demi-sourire,
Tandis que du cheval, les attributs rougirent.
"Vous n'êtes pas, dit-il (4), au moins je le suppose,
Malgré vos septante ans, frappé par l’andropause ?
Je ne vous classe pas dans les vieillards maniaques
Et vous vois conservé comme un vieil Armagnac.(5)
Pourtant, vous l’ignorez, ô ! naïf retraité :
Forts de leurs droits acquis, ils sont en R.T.T.
"Assez ! La coupe est pleine et la potion amère !"
"Il faut tout de même la boire, dit KLEBER"

Envoi

Messieurs les Refondeurs, debout ! Et répondez !
Etes-vous BOURBAKI ? BAZAINE ? ou BADINGUET ?
Qu’enfantez-vous ici ? Conquérante ou soumise,
Une cohorte altière ou horde à la Soubise ?
Quels outils forgez-vous, qui ne soient une offense :
Des petits porte-plume ou de fiers porte-lance ?
Soudards aux 35 heures, modernes tire au flanc ?
Ou ardents Centurions ?…Garde à vous ! En avant !
Tout comme leurs Anciens prêts à servir la France
Nos jeunes ont la Foi : méritez leur confiance.
Eh bien, soit ! Refondez … Moi, je suis sans rancœur,
Car mon Musée -pas touche- je l’ai au fond du cœur.

Jean BRULE

(1)Je redoute qu’un jour ne me vole la rime
Un dénommé VERLAINE ou quelqu’autre anonyme.

(2)Mais ces champs-là, bien sûr, ne sont pas Elysées
Car plantés, malgré moi, d’une Pub déguisée.

(3)Un mot pourtant français, a dû être sauté
Pour garder à cette œuvre odeur de sainteté.

(4) KLEBER, pas le cheval : c’est le simple bon sens !
Le contraire eût été : henni soit qui me panse ;
Je préfère l’avoine, pour filer tel l’obus,
Aux éperons rouillés qui m’harcèlent le… joufflu !

(5) Grincheux, qui prétendez ma poésie godiche,
Trouvez dans vos méninges une rime plus riche !
Et si un pisse-froid la traite d’éculée
Moi je lui réponds…rien, par respect pour mes pieds !