Lieutenant-Colonel AMILAKVARI



        Saint-Cyrien à titre étranger (jusqu'à sa naturalisation française en 1940) de la promotion "du Rif" dont il sort major, le prince Dimitri Amilakvari (1906-1942) est issu d'une grande famille géorgienne réfugiée à Constantinople puis en France.

        A sa sortie de l'Ecole, il choisit la Légion étrangère au sein du 1er, puis du 4ème Régiment étranger d'infanterie à Marrakech. Avec une compagnie de ce régiment, il participe à la fin des combats du Maroc et y gagne deux citations.

        Capitaine en 1937, il rejoint la 13ème Demi-brigade de montagne de Légion étrangère à sa création, le 20 février 1940. Il prend le commandement de la Compagnie d'appui du 2ème bataillon.

        Le 13 mai 1940, la "13", rattachée à la 1ère Division légère de chasseurs, débarque en force à Bjervick, puis se porte sur Narvik dont elle s'empare le 28 mai. Mais la situation générale sur le front de France contraint le Corps expéditionnaire de Scandinavie au repli et au retour en France, le 14 juin. Brest, son port de débarquement, étant menacé par l'avance allemande, la demi-brigade de Légion est transférée à Plymouth. C'est là qu'elle apprend la nouvelle de l'armistice.

        Le capitaine Amilakvari choisit la France libre et prend le commandement de la CAB 1 de la nouvelle demi-brigade réduite à un bataillon. Après l'échec de Dakar, il participe aux combats du Gabon, d'Erythrée ; Cheren, Massaoua, puis à ceux du Levant. Nommé lieutenant-colonel, il prend alors le commandement de la "13", le 16 septembre 1941.

        Le 14 janvier 1942, l'unité est sur le front de Cyrénaïque, face aux forces italo-allemandes de Rommel. Le 28, la Légion est engagée à El Mechili. Du 1er au 10 juin, dans l'enfer de Bir-Hakeim, au sein de la 1ère brigade française libre, elle fixe la branche sud de l'offensive de Rommel. En ces jours, coloniaux et légionnaires sont "l'honneur de la France" (général de Gaulle). Les unités de Bir-Hakeim, par une sortie en force, parviennent même à rester invaincues dans cette bataille.

        Regroupée à l'arrière, la 13° DBLE est réorganisée et remonte en ligne en octobre 1942. Le 24, elle part à l'attaque du piton de l'Himeimat, observatoire de premier plan surplombant la partie sud du champ de bataille d'El Alamein. Le 1er puis le 2ème bataillon se heurtent rapidement à des falaises, truffées de nids de résistance qui balaient la plaine. L'assaut est cependant réussi et conduit les Allemands à engager leur réserve de chars. Amilakvari décide alors de prendre une position en retrait, à l'abri du feu ennemi, pour relancer l'assaut.

        C'est à ce moment qu'une salve d'artillerie encadre sa haute silhouette qui s'affaisse. Il meurt quelques instants plus tard.

        Le lieutenant-colonel Amilakvari est Commandeur de la Légion d'honneur, Compagnon de la Libération, croix de guerre des TOE avec une palme et croix de guerre 39-45 avec deux palmes et trois étoiles d'argent.