Maréchal FRANCHET d'ESPEREY




Saint-Cyrien de "La grande promotion", le sous-lieutenant Louis Franchet d'Esperey (1856-1942) rejoint le 1er Régiment de tirailleurs algériens à Blida. En 1881, il est admis à l'Ecole de guerre et en sort breveté d'état-major. En 1885, il devient l'officier d'ordonnance du général d'Aubigny, commandant la subdivision d'Alger. Promu capitaine la même année, il rejoint le 137° Régiment d’infanterie, détaché au Tonkin. Chevalier de la Légion d’honneur en 1886, il est officier d’ordonnance du général Donnio, commandant la 42° Brigade d’infanterie.

Un stage à l’état-major du Gouvernement militaire de Paris lui permet d’être confronté aux problèmes d’organisation et de commandement de l’armée dans leur ensemble. Il y excelle, si bien qu’en 1890 le président du Conseil et ministre de la guerre, Charles de Freycinet, l’appelle auprès de lui. Promu chef de bataillon en 1893, il sert au 153° Régiment d’infanterie avant de prendre l’année suivante le commandement du 18° Bataillon de chasseurs à pied à Stenay.

En 1900, le lieutenant-colonel Franchet d’Esperey, commandant en second de l’Ecole spéciale militaire, est désigné pour participer à l’expédition de Chine. Commandant de la zone française de Pékin et chargé des liaisons avec les états-majors alliés, il fait autorité. De retour en France en juillet 1903, il est nommé colonel et prend successivement le commandement de quatre régiments d’infanterie et de la 77° Brigade d’infanterie. Promu en 1912, il prend le commandement des troupes d’occupation du Maroc occidental à la demande du général Lyautey. Il mène des opérations délicates dans les régions d’Oued-Zem, de Mogador et du Tadla.

Le 20 novembre 1913, il prend la tête du 1er Corps d’armée et en août 1914 retarde l’avance allemande à la bataille de Guise. Nommé à la tête de la V° Armée à la veille de la bataille de la Marne, il conduit la contre-offensive initiale française. Son action à la tête de son armée lui vaut cette citation : « A commandé une armée pendant 19 mois avec une énergie et une autorité qui se sont affirmées brillamment sur les champs de bataille ». Il commande ensuite les groupes d’armées Est puis Nord et Nord-est et il est fait grand-croix de la Légion d’honneur.

En 1918, Clemenceau le nomme commandant en chef des armées alliées en Orient. Il est vainqueur des Bulgares lors de l’offensive de Dobropolje et entre dans Sofia, coupant ainsi leur liaison avec les Austro-allemands. A la fin de 1920, le général Franchet d’Esperey rentre en France, devient membre du Conseil supérieur de la guerre et, en 1921, est élevé à la dignité de maréchal de France. En 1934, il succède au maréchal Lyautey à l’Académie française.

En 1940, dans un courrier de service adressé au secrétaire d’Etat à la guerre de Vichy, le maréchal Franchet d’Esperey porte cette mention manuscrite : « Servir jusqu’au bout ».