Promos 54 - 56

Encadrement de l'école


Général OLIE
Commandant l'ESMIA (août 1954-février 1956)

 

Le général d'Armée Jean OLIÉ a livré son dernier combat. "Notre" commandant d'Ecole nous a quitté le 28 mars 2003 (donc dans sa centième année) à l'Institution des Invalides de Paris, après une longue et douloureuse agonie, et a été inhumé le 2 avril au carré Légion de Puyloubier. Les honneurs lui avaient été rendus le 1er avril, à l'Ecole Militaire.

Le meilleur hommage à lui rendre est de rappeler ses états de service :

Né le 24 mars 1904 au Relecq-Kerhuon (Finistère),
1924 à 1926 : EOA à l'ESM (promotion du Rif), sous-lieutenant au 28° BCP, lieutenant au 4° RE au Maroc, commandant le 8° goum mixte,
1933 à 1939 : blessé, affecté au bureau politique à Rabat, nommé capitaine au 46° RI à Fontainebleau, reçu major à l'ESG,
1939-1940 : campagne de France (EM de la 14° DI), blessé, prisonnier, évadé, affecté au service des affaires indigènes au Maroc, chef de bataillon au 1er RCA,
1943-1944 : lieutenant-colonel chef du 3ème bureau de la 1ère Armée,
1944-1945 : CEM de la 3° DB, colonel commandant le RMLE puis le 3° REI,
1945-1946 : cabinet du général Inspecteur général,
1946-1947 : commandant les territoires d'Agadir et les Confins algéro-marocains,
1948-1949 : affaires indigènes à la disposition du général Juin au Maroc,
1949-1951 : commandant le GALE, adjoint au général commandant l'AFN et du commissaire résident général au Maroc,
1953 : général de brigade,
1954-1956 : commandant l'ESMIA,
1956 : commandant civil et militaire ZO de Kabylie et subdivision de Tizi-Ouzou,
1957 : général de division,
1958-1960 : commandant du CA de Constantine,
1960 : général d'armée, CEM particulier du Président de la République,
1961 : CEM de la Défense nationale, puis commandant en chef en Algérie (avril à octobre). En novembre, rayé sur sa demande des contrôles de l'armée active et placé en 2ème section.

Il est Grand Croix de la Légion d'honneur, titulaire de la Croix de guerre 39-45, des TOE, de la Valeur militaire, de la Bronze Star et le l'US Presidential Badge. Il totalise 16 citations, dont une américaine attribuée au RMLE.

Nous nous attarderons ensuite sur deux périodes de sa carrière :

1°) Son commandement de l'ESMIA
Sans négliger l'ouverture à la culture générale, il donne la priorité à l'éducation morale et à la formation militaire de ses élèves, sur lesquels il exerce un ascendant incontestable. Avec une légitime fierté partagée de tous, il baptise du nom d'Amilakvari la promotion 54-56 de Saint-Cyr. Il nous disait souvent : "Vous êtes un peu ma promotion." Il réussit, non sans peine, à arracher la décision gouvernementale pour la reconstruction de l'ESM dans des conditions dignes de sa mission.

Passage du drapeau de la promotion Ceux de Dien Bien Phu à la promotion Amilakvari

2) Son départ anticipé
Il rompt volontairement sa carrière pour "convenances personnelles" en juillet 1961, plusieurs années avant la date de la limite d'âge, afin de conserver intangible l'unité sans appel entre sa destinée et sa conscience. Cette démission, faite dans une réserve absolue, le meurtrit longtemps. Seuls ceux qui l'approchèrent de près ont perçu son déchirement. Sa sagesse, sa foi et son énergie lui ont permis par la suite de surmonter sa souffrance. A côté de l'activité extérieure connue, il existait chez le général OLIÉ une réalité supérieure : celle de "l'homme intérieur", réalité il est vrai voilée d'un halo de volontaire discrétion.