Promos 54 - 56

 

Les Marocains à l'école

L'année 1956 a vu la création d'un quatrième bataillon dont voici des éléments d'histoire repris de la revue Saint-Cyr.

Le 16 juillet 1956 débarquaient à Paris, au milieu des flashs des journalistes et sous la pluie, près de deux cents élèves officiers marocains. Immédiatement répartis par groupes et encadrés par quelques anciens du 1er bataillon Amilakvari, ils coururent d'une réception à l'ambassade du Maroc aux Invalides, puis à la tour Eiffel. Ne nous y trompons pas. Certains de ces élèves connaissaient mieux Paris que leurs accompagnateurs.

Pendant ce temps, à Coëtquidan, les services de l'école travaillaient fébrilement et mettaient la dernière main aux cantonnements du nouveau bataillon, dont l'effectif s'était accru au dernier moment. La machine à instruire s'était mise en marche et produisait déjà ses programmes de travail avant même que les officiers de l'encadrement, appelés en hâte de tous les horizons de l'armée, n'aient eu le temps de rejoindre leur nouvelle affectation.

Le 18 juillet, sous une pluie battante, le camp de Coëtquidan accueillait ces "fils du soleil", au nombre de 194. Répartition en compagnies et sections et occupation des chambres à l'îlot T. La nuit même, à l'instigation des officiers marocains venus les accompagner autour du colonel DAOUDI, les bazars marocains étaient bahutés. Ils prirent la chose comme il convient et furent très sensibles à cette marque d'intérêt de leurs anciens.

Une prise d'armes concrétisait la prise de commandement par l'encadrement français.

Le 28 juillet à 22 heures, le 4ème bataillon de Saint-Cyr, composé de deux compagnies d'élèves officiers marocains, pénétrait sur le stade Marceau, où l'attendaient les trois autres bataillons massés en grande tenue, leurs casoars éclairés par de puissants projecteurs.

Les élèves officiers du 4ème bataillon, découverts, mirent un genou en terre. Le Général leur expliqua en quelques mots la valeur de symbole du casoar pour un Saint-Cyrien. Il leur fit comprendre quel geste de confiance et de généreuse camaraderie représentait le fait de le leur remettre aussi vite. Tous en furent conscients et fiers.

Avant octobre, les gradés de l'Amilakvari passèrent les consignes à ceux de la Franchet.

En 1996, une délégation marocaine d'officiers de la promotion Mohamed V, a été reçue à Paris puis Coëtquidan pour un pèlerinage quarante ans après.

(Les officiers marocains figurent dans l'annuaire de Saint-Cyr, mais la promotion Mohamed V n'est pas une promotion de l'école)