Souvenirs

Notre vie militaire

- physionomie et évolution de la promotion de 1954 à 1956
- une promotion dans la tourmente : Algérie 1954-1962
- historique de la période 1954-1996


1980 : les 25 ans de la promotion


Un quart de siècle s'est écoulé depuis que la promotion Amilakvari a reçu son nom de baptême en août 1955. Essayons de caractériser la physionomie de notre promotion en ces temps si lointains.

Le nom officiel de Saint-Cyr était alors l'ESMIA (Ecole Spéciale Militaire Inter Armes). Le "concours direct" arrivait donc au 3ème bataillon qui, très logiquement, devenait au bout d'un an le 1er ! Il y avait donc cohabitation successive avec deux "2èmes bataillons". L'Amilakvari a servi de charnière en ce sens que notre association a regroupé le 2ème bataillon 1954-1955 "Amilakvari" avec lequel nous sommes arrivés à Coëtquidan et le 2ème bataillon "Franchet d'Esperey" avec lequel nous sommes partis en décembre 1956 en AFN après quelques semaines d'application dans les Ecoles d'Arme. Les années suivantes, le 2ème bataillon fut intégré à la promotion du 1er bataillon sortant en même temps que lui de Coëtquidan. Jusqu'au moment où ESM et EMIA se sont séparés.

En octobre 1954 ont donc intégré à Coëtquidan 362 "concours direct" (dont quatre Sud Américains et quatre ressortissants de l'Union Française qui rejoindront plus tard leurs pays nouvellement constitués ou serviront à titre étranger) soit approximativement 65 % de "scientifiques" et 35 % de "littéraires". Le 2ème bataillon recevait 276 élèves officiers passés par Strasbourg, dont la majorité avait fait campagne comme sous-officiers ou aspirants de réserve en Indochine. En 1955, ce sera 210 élèves officiers que Strasbourg enverra au 2ème bataillon, certains juste débarqués d'Indochine où les combats venaient de cesser.On arrive ainsi à un total de 848 élèves officiers formés de 1954 à 1956.

Qu'en est-il en 1980 ?

241 Amilakvari "concours directe" sur 356 sont toujours en activité (68% de la promotion).
111 Amilakvari "2ème bataillon" sur 276 (40 %).
138 Franchet d'Esperey "2ème bataillon" sur 210 (66 %).

Nos promotions ont très vite servi sous les armes, comme officiers, dès 1955 : 57 de nos camarades sont morts pour la France et 7 ont disparu en service commandé, soit presque 8 % de l'effectif de nos promotions.

18 autres sont décédés. 490 sont en activité. 276 camarades sont donc civils, certains depuis 1962, un plus grand nombre depuis ces dernières années, puisque les moyennes d'âge sont aujourd'hui de l'ordre de 47 ans pour le 1er bataillon (44 pour les benjamins) et 50 ans pour les 2èmes bataillons.

Alors qu'une trentaine d'entre nous portent des galons de colonel, 95 officiers ont commandé ou commandent actuellement un corps ou une formation formant corps (non compris les 35 gendarmes), soit 30 fantassins, 15 "marsouins", 14 cavaliers, 13 artilleurs, 10 tringlots, 7 sapeurs, 4 transmetteurs et 2 "matériel". On peut penser que cette responsabilité échoiera à d'autres encore dans les années à venir.

La promotion compte au total 125 brevetés (58 BEMS et 67 BT), quelques 250 diplômés (DEM, diplômes techniques). Un bon quart est breveté parachutiste. Le stage TAP n'étant pas inclus dans la formation en 1954-1956, ceci signifie qu'au moins 10 % de l'effectif a servi dans les TAPP et qu'autant a passé le BP à un moment donné de la carrière.

En 1979, pour s'en tenir aux seuls "milis", la promotion comptait 7 officiers et 330 chevaliers de la Légion d'Honneur, 7 Médailles Militaires, 32 officiers et 304 chevaliers de l'ONM.

Nous terminerons par deux tableaux.

Le premier montre la composition, en 1980, au moment du 25ème anniversaire, des promotions 1954-1956.

arme effectifs % 1° Bat54-56 2° Bat54-55 2° Bat55-56 chefs de corps GNDINFTDMABCARTTRENGENTRSCSPMATINTContr A 35112834259286134225881 7,122,816,98,5125,712,46,9411,6 186546273072610444 721197131118843 10261881610171614111 3015141310742

Le deuxième tableau montre plus particulièrement l'évolution du 1er bataillon 1954-1956. L'amphi-armes n'offrait alors qu'un choix dans sept armes. Les réorganisations de l'armée, les choix de carrière, voire en 1962-1963 les changements d'arme d'office, ont modifié les proportions initiales. A la mobilité géographique caractéristique de notre état et à la variété des emplois s'ajoute donc la mobilité fonctionnelle entre les armes. ceci a concerné 15 à 20 % de la promotion.

1956 1980 % % INFTDMABCARTGENTRSTRNINTMATCTA/CSGND 12769475735145 35,9 19,513,316,19,93,91,4 654627302610744418 2719,111,212,410,84,12,81,71,71,77,5 354 100 241 100

Concluons en ajoutant que la promotion compte encore quelques rares célibataires, qu'une statistique déjà ancienne indiquait 2,8 enfants par ménage, qu'une dizaine de fils de nos petits cos ont suivi les traces de leurs pères et sont entrés à Saint-Cyr, et que le nombre des jeunes grands-pères croît régulièrement.

Il ne nous reste plus qu'à préparer le cinquantenaire décalé en 2007.